Ausangate 2007
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"Ausangate 2007"

(du 29 juin au 22 juillet 2007)

 

 La Cordillera de Vilcanota

Après l’expédition en 2005 dans la « Cordillera Blanca », un nouveau projet est né pour gravir l’Ausangate au cœur de la « Cordillera de Vilcanota ». Cette cordillère, située au sud est de Lima et à une journée de bus de Cuzco, est restée très traditionnelle. L’Ausangate en est le point culminant du haut de ses 6372 mètres.
Cuzco et ses environs
Située à l’entrée de la « Vallée sacrée », Cuzco, l’ancienne capitale des Incas, est la ville la plus visitée du Pérou. Il faut dire qu’elle est le point d’entrée pour la visite du site de Machu Pichu.
Mais Cuzco est également le point de départ pour la visite de nombreuses curiosités, tels que la vallée de l’Urubamba, les sites archéologiques de Pisac et de Moray, ainsi que les salines de Maras pour ne citer que les plus importants. Pour ma part, j’ai fait le choix de ne pas aller visiter Machu Pichu, mais d’aller à la découverte de ces lieux moins touristiques.
Cuzco (275000 hab. – 3310 mètres)
Cuzco ne manque pas d’atouts, architectures inca et espagnole se côtoient ou se mélangent, nombreuses ruines, magnifiques paysages. La « Plaza de Armas » remarquablement fleurie et aménagée est entourée d’une cathédrale, d’églises et de bâtiments coloniaux aux balcons typiques qui surplombent les portes. Il est agréable d’y consommer une boisson tout en contemplant les lieux.
En outre, il est très intéressant de visiter les musées et de flâner dans les ruelles en pente du quartier de San Blas, d’aller se mêler à la foule dans le marché couvert, un lieu haut en couleurs et en odeurs. Les bons restaurants ne manquent pas et dans le centre ville l’on ressent une ambiance assez internationale. Cuzco ? J’ai bien aimé.
Pisac
La petite ville de Pisac, située dans la vallée de l’Urubamba à environ 30 kilomètres de Cuzco,  est connue à la fois pour son célèbre marché dominical et le superbe site inca qui surplombe de très haut la ville, puisqu’il est perché sur un éperon.
De par sa situation, le site inca avec ses pentes en terrasse offre une vue imprenable sur la vallée de l’Urubamba. Au regard de la configuration des lieux et des vestiges, cette cité devait jouer à la fois un rôle défensif, agricole et religieux.
Moray
Ce petit site isolé est situé à quelques dizaines de kilomètres de Cuzco est extraordinaire. En effet, il s’agirait d’un laboratoire inca sous forme de serre en plein air, aucune ruine, uniquement de superbes terrasses. Chaque niveau abriterait son propre microclimat. Superbes paysages, une ambiance quasi mystique, un endroit à ne manquer sous aucun prétexte.
Salines de Maras
A environ 9 kilomètres de Moray, nous découvrons les salines de Maras, enserrées au fond d’un vallon très raide et très étroit. Un coup d’œil extraordinaire sur une palette de couleurs aux tons uniformes mais dégradés.
Datant de l’époque pré inca, l’exploitation de ces salines est toujours d’actualité. De grandes masses de sel concentrées dans la montagne se dissolvent doucement dans l'eau, qui gorgée émerge à la surface et sera distribuée par une infinité de petits canaux vers les bassins où l'évaporation provoquera la formation d'étoiles de sel.
 
L’expédition
 
3 juillet – Le moment du départ pour la grande aventure est arrivé. Aujourd’hui, une longue route nous attend pour rejoindre le village de Mallma situé à 4000 mètres d’altitude sur le tracé de la transocéanique qui reliera le Pérou au Brésil. Ce chantier nous a occasionné un immense détour sur des routes par moment impressionnantes, d’ailleurs si impressionnantes que l’on a eu par moment de la peine à apprécier les fabuleux paysages qui s’offraient à notre vue. Mais après 7 heures de route nous atteignons notre destination et nous pouvons monter le camp afin de passer notre première nuit sous tente.
4 juillet – 7 heures, le soleil apparaît, le gel recouvre les tentes, un temps magnifique est prévu pour la journée. Les enfants du village, aux regards interrogatifs, se mêlent à notre groupe pour le démontage et les derniers préparatifs. Nous quittons la civilisation pour nous engouffrer dans une magnifique vallée avec en toile de fons le sommet Caylangate. Sur le chemin, une habitation isolée précède une longue étendue et les derniers lacets qui s’en viennent mourir sur les rives du lac Singrenacocha. Nous longeons ses eaux turquoise et décidons de monter notre camp à 4345 mètres dans ce décor stupéfiant après six heures de marche. Carlos notre guide fête ses 50 ans, repas su cculent préparé par le « coccinero » et même un gâteau !
5 juillet – Petit-déjeuner au soleil sur les rives du lac, seuls au monde ; puis le démontage et les traditionnels préparatifs avant le départ. Un premier col à plus de 4700 mètres, le survol majestueux d’un condor, au loin quelques vigognes et au détour d’un sentier apparaît pour la première fois le majestueux Ausangate. Nous redescendons au fond d’une vallée où se trouvent quelques rares exploitations isolées, puis c’est la montée vers un deuxième col à plus de 4600 mètres. Maintenant le chemin plonge vers Pachantta, le hameau qui nous servira de camp. Il nous aura fallu près de 6 heures et demi de marche pour rejoindre cet endroit quelque peu particulier, puisque n ous y trouvons des bains d’eau chaude naturels en plein air. Une majorité du groupe ne va pas se priver d’en profiter. Comme nous en avons pris l’habitude, la soirée se poursuit autour d’un bon repas préparé par notre « coccinero » et son équipe.
6 juillet – Tentes couvertes de gel, petit-déjeuner copieux et préparatifs sous les yeux des enfants rassemblés sur la place, voilà le préambule à cette nouvelle journée. Une étape splendide et très diversifiée, que ce soit à propos des couleurs ou des ambiances parfois lunaires. Après être passés au pied de l’Ausangate et de la Mariposa, nous franchissons le Paso Ticclacocha (5050 mètres), puis nous redescendons jusqu’à l’emplacement prévu pour le bivouac situé à 4830 mètres. Après 6 heures de marche nous pouvons enfin déposer nos sacs.
Un ruisseau dont les rives sont bordées de glace se fraie un passage au milieu du camp et nous en profitons pour faire un brin de toilette malgré une température un peu fraîche ; le soleil ayant eu la mauvaise idée de disparaître définitivement pour la journée derrière un gros nuage. Un sympathique repas accompagné de franches rigolades vient clôturer la soirée.
7 juillet – Au lever temps est magnifique, mais un vent froid souffle assez fort. Aujourd’hui, nous effectuons d’abord une étape assez courte jusqu’à la Quebrada Acero (4830 mètres). En route nous avons le privilège d’observer une vigogne, ainsi que diverses espèces d’oiseaux qui peuplent cette région sauvage et quelque peu inhospitalière. Après 2 heures et demi de marche nous installons le camp au pied des Pico Tres, sommets de glace majestueux. L’après-midi, chacun dispose de son temps pour faire ce qu’il a envie.
En ce qui me concerne, je décide de partir seul vers un sommet isolé. Je ne le regretterai pas. Un paysage magnifique dans un cadre assez extraordinaire. Après deux heures d’ascension j’arrive au point culminant situé à 5245 mètres selon mon altimètre. Je suis seul au monde dans un espace irréel. Après être redescendu je rejoins le camp et mes compagnons pour un agréable repas. Le lendemain, nous avons prévu l’ascension d’un sommet d’acclimatation, en l’occurrence le Huayruro Piunco Norte (5500 mètres).
8 juillet – Cette nuit il a neigé, mais les conditions n’ont pas l’air mauvaises. L’itinéraire serpente dans un cadre magnifique, mais à la vue du ciel nos craintes se confirment, le mauvais temps arrive. Finalement, décision est prise de faire demi tour vers 5300 mètres à l’entrée du glacier, la visibilité étant quasi nulle et les conditions tempétueuses. Au gré de quelques éclaircies nous apercevons des vigognes, ainsi que des perdrix et des oies sauvages. Les conditions se détériorent encore et nous ne regrettons pas notre choix.
Le camp a été déplacé plus bas dans la vallée et nous retrouvons le camp vers 4470 mètres après 6 heures de marche sous l’orage et une averse de neige. Le paysage devient hivernal et le repas est pris dans la tente messe sous une température aussi froide qu’à l’extérieur.
9 juillet – Il neige toujours, un manteau d’une vingtaine de centimètres recouvre le sol, la visibilité est nulle et le vent tempétueux. Décision est prise de rester ici, vu l’impossibilité d’entreprendre quoi que ce soit. En plus, au vu des conditions venteuses et des quantités de neige tombées à haute altitude, une réflexion s’impose.
Finalement la sagesse l’emporte  et nous en concluons qu’il serait téméraire d’entreprendre l’ascension de l’Ausangate. En effet, nos guides Carlos et Adriano émettent un préavis négatif au vu des difficultés et de l’itinéraire à emprunter.
D’autre part, en l’état il est exclu de tenter le passage de cols à plus de 5000 mètres avec les mules, les risques de blessures étant trop importants ; sans négliger le fait que nous sommes à trois jours de marche de Tinqui.
Nous en profitons pour faire la toilette avec l’eau glacée du torrent, les femmes ayant même le courage de se faire laver les cheveux ! Un succulent repas préparé par Julio à midi, puis des truites pêchées par Adriano au menu du soir contribuent à préserver le moral du groupe. Demain sera un autre jour !
10 juillet – Au lever, la couverture nuageuse est assez élevée pour que nous puissions effectuer l’étape jusqu’à proximité du lac Jatunpucacocha. Dans la première partie, une montée interminable agrémentée de giboulées nous amène au col de Palomani (5075 mètres), et nous laissons à notre droite l’emplacement utilisé comme camp de base pour l’ascension de l’Ausangate. Paysage grandiose, ambiance sévère. En observant les conditions, nous n’avons aucun regret quant à notre choix de renoncer.
Une descente par des pentes enneigées avec un panorama splendide ne nous dispense pas d’être concentrés et la colonne des mules progresse prudemment. Nous remontons vers un deuxième col, puis nous descendons vers un emplacement de bivouac situé sur les rives d’un très beau lac de montagne au pied de l’Ausangate. Six heures de marche, un temps froid, des giboulées, un repas chaud est très apprécié pour clore cette journée.
11 juillet – La situation s’est quelque peu améliorée, mais le temps reste changeant. Face à nous, de majestueuses parois de séracs sont accolées aux flancs de l’Ausangate.  Aujourd’hui  l’étape va nous conduire à Upis, un lieu-dit isolé à près de 4500 mètres d’altitude où vivent quelques bergers.
Nous franchissons le dernier col de notre périple, le col Arapa (4710 mètres), puis le parcours suit un itinéraire très varié composé de lacs et d’étendues aux aspects lunaires. Encore quelques giboulées de neige et nous atteignons Upis sous  le soleil après 5 heures d’efforts.  Montage du camp, toilette à l’eau glacée dans le torrent et pour d’autres les bains d’eau chaude, thermes naturels comme à Pacchanta.
Ce soir une fête sera organisée par les bergers et un mouton sera tué afin de préparer une spécialité du cru, la « pachamanca ». Un foyer a été construit en début d’après-midi à même le sol avec des pierres, puis le feu a été allumé. Ensuite, après avoir été égorgé, le mouton a été dépecé et les morceaux de viande ont été répartis en couches avec les pommes-de-terre sous les pierres chauffées.
Résultat une viande parfaite, un vrai régal et une soirée mémorable partagée avec nos hôtes. Les chiens des fermiers ne furent pas oubliés avec les restes !
12 juillet – Un beau soleil nous accueille au lever, mais les tentes sont recouvertes de gel. Le camp est démonté dans l’allégresse générale et nous en profitons pour distribuer du matériel et des vêtements à nos accompagnateurs. Pour ma part, j’offre ma tente et des pantalons de montagne à Adriano, quant à Baudoin il lui offre son piolet tout neuf. Très ému, il ne sait comment nous remercier.
Alors que nous avons repris le chemin, nous laissons derrière nous l’Ausangate qui joue à cache-cache avec les nuages. Il ne fait aucun doute que des vents très violents soufflent en altitude. Après avoir traversé un plateau aux multiples facettes, nous entamons une interminable descente vers Tinqui où notre bus nous attend ; ainsi que des bières offertes par Carlos. Trois heures de marche mettent fin à un périple qui nous a permis d’effectuer le tour de l’Ausangate.
Cependant, la journée n’est pas terminée et c’est avec soulagement que nous apprenons qu’il sera possible de regagner Cuzco, l’accès à la ville ayant été barré les jours précédents suite aux grèves et aux émeutes. Alors que Carlos le guide, Adriano l’aspirant-guide et Julio le « coccinero » rentrent avec nous à Cuzco, nous prenons congé des muletiers. Nous les remercions chaleureusement et nous leur versons comme de coutume un pourboire.
Après avoir emprunté la route toujours aussi spectaculaire en sens inverse, nous arrivons à Cuzco vers 18 heures 30. Nous fêtons ensemble notre retour à la civilisation autour d’un bon repas bien arrosé dans un restaurant de Cuzco.
13 juillet – Après une grasse matinée forte appréciée, nous retrouvons Carlos pour régler nos comptes. Ensuite, il nous invite à manger dans un restaurant typique où nous est servi un dîner gargantuesque. Nous prenons définitivement congé de nos amis, puis regagnons le centre ville à pied.
Malgré le fait que l’ascension de l’Ausangate, but principal de cette expédition, n’ait pas pu être atteint, la randonnée nous laissera des souvenirs impérissables. Le tour de l’Ausangate vaut largement le détour, tant les paysages sont contrastés et sauvages. Reste que la météo est assez capricieuse dans cette région du Pérou et selon Adriano qui est natif de Tinqui, il peut se passer plusieurs mois sans que le sommet ne soit atteint.
J’en retiendrai de très belles images, une très riche expérience de vie et de partage et pourquoi pas l’envie de revenir peut-être un jour.
Chef de l’expédition : Philippe Gremaud
Membres : Baudoin LEGAST, Danièle FALTER, Christiane et Bernard ODY, Gabrielle PILLER, Jules THIERRIN, Vincent BRIQUE, Carlo MARTIGNONI.
Guide : Carlos ZARATE accompagné de Adriano CAHUANA (aspirant-guide), Julio (coccinero) et de trois muletiers.
 
De Cuzco au lac Titicaca (Raqchi – Sillustani - Puno)
Au terme du volet expédition, la suite de notre voyage devait se poursuivre en train de Cuzco à Puno sur les bords du lac Titicaca. En raison des grèves et des émeutes qui avaient secoué la région au cours de la semaine précédente, il n’était plus possible d’utiliser le chemin de fer.
 Après s’être assuré qu’il serait possible de prendre l’avion de Puno à Lima pour le retour, nous avons opté pour le voyage par la route, ce qui nous a permis de découvrir les sites de Raqchi et de Sillustani qui n’étaient pas prévus au programme.
Raqchi est situé à 120 kilomètres au sud est de Cuzco sur la route qui mène à Puno. C’est l’un des sites archéologiques majeurs du Pérou, ruine d’un édifice autrefois grandiose, le temple de Viracocha. De nombreuses constructions sont également très intéressantes, dont des greniers et des réservoirs.
Quant au site de Sillustani qui se trouve à environ 30 kilomètres de Puno, il est constitué de tours funéraires précolombiennes situées sur la belle péninsule du Lago Umayo. Leur technique de construction dépasse en complexité tout ce que les incas ont pu bâtir, les archéologues eux-mêmes ne parvenant pas à reconstituer la plus grande !
Ville de folklore sise sur la rive nord ouest du lac Titicaca à 3855 mètres d’altitude, Puno compte plus d’un million d’habitants. On y trouve une multitude de commerces avec un choix impressionnant de produits artisanaux.
Le lac Titicaca (îles de Uros – Île d’Amantani – Île de Taquile)
Plutôt que de rester à Puno, nous avons opté pour une croisière de deux jours sur le lac Titicaca. Au programme la visite des îles flottantes habitées par les Uros, une nuit au sein d’une famille d’accueil sur l’île d’Amantani, puis le retour à Puno avec en chemin la visite de l’île de Taquile.
« Les Uros »vivent sur les îles flottantes, dont certaines sont accessibles aux touristes, ce qui procure un apport financier non négligeable. Ils vivent pour l’essentiel de la pêche, de la chasse et des plantes lacustres, notamment les roseaux qui servent à la construction de leurs maisons et de leurs bateaux. Ils dépendent beaucoup de leur commerce avec la terre ferme.
Amantani est une île très accueillante et authentique. Nous avons été accueillis très chaleureusement par nos hôtes. Excursion à pied en début de soirée sur le sommet du Pacha Mama avec une vue extraordinaire sur la lac Titicaca. Au loin la Bolivie et un coucher de soleil fabuleux. Pour clore la journée, un succulent repas servi chez l’habitant, une soirée folklorique avec des danses endiablées et un feu de joie.
Lorsque notre bateau quitte les berges de l’île d’Amantani, c’est avec beaucoup d’émotion que nous saluons une dernière fois nos hôtes d’un petit geste de la main.
Au loin se profile l’île de Taquile, laquelle est située à environ 45 kilomètres de Puno. De nombreux vestiges pré incas, ainsi que des ruines et terrasses incas sont conservées. C’est une île paisible et hospitalière.
Du ponton où nous accostons, un long chemin en escalier s’élève sur les flancs d’un coteau. Nous prenons très vite de l’altitude, puis petit à petit la pente devient moins raide et nous cheminons sur un balcon. Surprenant,  le décor très méditerranéen qui s’offre au visiteur. Après avoir atteint un village typique et avoir goûté la cuisine du coin, un chemin très pentu nous ramène vers un port où nous attend le bateau. Intéressant d’avoir ainsi traversé l’île.
© 2011